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REGISTRES DU
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[i56o]
niers, datté du xv" de ce moys, a esté enjoinct à iceulx Quarteniers, Cinquanteniers et Dixiniers d'obeyr aud. arrest, et faire les perquisitions y contenues, sur les peines contenues en icelluy, ou de renoncer presentement à leur estat. Et sur les remonstrances par eulx faictes, leur a esté dictqu'i les voise faire à la Court. Et de rechef ont esté interpellez, s'il y en a qu'ilz se treuvent trop chargez, qu'ilz ayent à renoncer dedans huy à leur estat; et a esté enjoinct à Pierre Le Jay et à tous les autres d'aller à la visitation, et en faire leur rapport dedans lundi, sur peyne de prison.
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Le Normant, notaire et Dixinier soubz le quartier de Oudin Petit, a requis acte, comme il requiert, estre égal aux Quarteniers en toutes choses, assavoir, que les Quarteniers voisent par les maisons comme les Dixiniers, que lesd. Dixiniers soient francs de vingt muys de vin de leur creu, comme lesd. Quarteniers.
Injonction faicte aux Quarteniers , Cinquanteniers et Dixiniers, suyvant l'arrest de la Court. Et après lecture faicte de l'arrest de la Court f1', present lesd. Quarteniers, Cinquanteniers et Dixi-
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LXXXIII. — Lettres envoyées
3o mars i56o.
"Du xxx" jour de Mars mil Ve lix, avant Pasques.
"Sire, ce jour d'huy, le Lieutenant civil de la Prevosté de Paris nous a communiqué lettres par vous à luy envoyées, en datte du quatorziesme jour de Mars, par lesquelles vous mandez nous assembler en vostre Hostel de Ville officiers d'icelle et autres bourgeois pour leur faire entendre le contenu en icelles, à ce que tous feussions enclins à remercier Dieu de la descouverture qui a esté faicte de l'entre-prinse d'aucuns malins et mutins et infidelles contre Vostre Majesté (2).
"Sire, de nostre part nous avons par cy devant faict toute dilligence de donner ordre ad ce qu'il ne vint aucun scandalle en ceste Ville, et pour ce
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PAR LA VILLE DE PaRIS AU ROY.
(Fol. 54 r°.)
avons faict faire description de toutes les maisons, manans et habitans tant d'icelle Ville que des faulxbourgs , ainsi que avons declairé à monseigneur le Connestable et monseigneur le mareschal de Mont-morancy, vostre Gouverneur en l'Isle de France, qui nous ont mandez pour cest affaire'3'.
" Sire, par icelle description des maisons et habitans, nous n'avons jusques à huy trouvé qu'i se soit faict aucune assemblée, et de nostre part nous met-terons toute peyne de continuer à entendre qu'il n'aviengne aucun inconvenient en vostre ville de Paris.
"Sire, nous supplions le Createur qu'il vous doint en santé très longue et très heureuse vie. »
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'■) Cet arrêt du 15 mars 156o, indiquant les mesures de sûreté jugées nécessaires à la suite de la découverte toute récente du complot contre le Roi, avait d'abord pour objet "d'obvier aux conventicules et assemblées qui s'étaient tenus tant de jour que de nuit, puis de remédier à plusieurs forses, viollances, larrecins et volleries» qui se commettaient par des vagabonds et gens sans aveu. Pour obtenir le résultat désiré, la Cour ordonna aux Lieutenant criminel et commissaires du Châtelet, d'une part, de s'enquérir dans les maisons de la Ville et des faubourgs des noms, qualités et nationalité des habitants, ainsi que des assemblées faites depuis la publication de l'édit royal sur le fait de la religion, et d'en dresser procès-verbal, aux Prévôt des Marchands et Echevins, d'autre part, de procéder à des investigations analogues par l'entremise des Quarteniers, Cinquanteniers et Dizeniers qui devaient se livrer dans chaque demeure aux "recherches, perquisitions et inquisitions les plus minutieuses», sous leur responsabilité, même sous peine de punition corporelle. On comprend pourquoi les Quarteniers, Cinquanteniers et Dizeniers étaient peu disposés à s'acquitter d'une mission aussi désagréable et avaient besoin d'étre stimulés et même menacés d'emprisonnement. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" 1593, fol. 227 v°.)
(2) Il s'agit de la conjuration d'Amboise qui venait d'avorter. A cette occasion, le 12 mars i56o, le Parlement se rendit personnellement de la Sainte-Chapelle à Notre-Dame pour rendre grâces à Dieu sde l'advertissement qu'a eu le Roy de la machination faicte contre sa personne, celles de la Royne, la Royne Mere et mess" ses frères par aucuns divisés de religion». (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i5g3, fol. 222 v°.)
(3) Le connétable de Montmorency, accompagné de son Cls le gouverneur de FIle-de-France, se rendit au Parlement le 28 mars et entretint la Cour de d'émotion faicte en ce royaume contre la personne du Roy par gens séditieux, lesquelz avoient osé se presenter jusques aux portes de la ville d'Amboise et y tirer quarante ou cinquante coups de pistolets et bacquebouzes», faisant connaitre les ordres qu'il avait reçus du roi d'assembler les compagnies se trouvant en Picardie, Champagne, Brie et Ile-de-France. Pour étre renseigné d'une manière exacte sur Ia situation de Paris, le connétable avait fait venir -ceulx de Ia Ville, qui lui avoient recité au long l'ordre mis afin de contenir la Ville et le peuple en repos et tranquillité.» Du reste le calme ne fut point troublé, malgré les bruits alarmants qui circulaient et quoique l'on eût appris l'introduction dans les faubourgs d'une grande quantité d'armes et la présence tt tant es fauxbourgs qu'en la Ville, es hostelleries et ailleurs, de grand nombre de gens iucongneuz et eu acoustremens estrangesn. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i5g3, fol. 329, 33o.)
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